Détecter une baisse d’audition

Après 60 ans, plus de 6 personnes sur dix présentent une perte auditive selon la Direction des Etudes de l’Evaluation et des statistiques (Drees). A partir de 80 ans, plus de 8 personnes sur dix présentent des troubles de l’audition. On admet généralement que seul un tiers des personnes âgées a conscience de sa perte d’audition. Savoir reconnaître les symptômes et se faire dépister est dès lors un enjeu pour se préserver des conséquences insidieuses.

S’il nous parait très naturel de porter des lunettes après cinquante ans pour compenser la presbytie qui s’installe, il n’en est pas de même quand il s’agit de s’équiper d’aides auditives à l’âge où bien entendre devient plus difficile et la perte d’audition gênante. Pourtant, nous sommes tous potentiellement concernés par la presbyacousie. En effet, cette baisse d’acuité due au vieillissement de l’oreille est notamment liée à la disparition progressive des petits cils vibratoires qui tapissent l’oreille interne (la cochlée) et servent à transformer le son en message reçu par le cerveau.

 

Une histoire naturelle

La baisse de l’audition au fil des ans est donc notre lot commun, plus ou moins et plus ou moins rapidement selon notre hérédité et la façon dont nous avons été exposés au bruit ou soignés lors d’otites à répétition.

Avec l’âge, les sons les plus aigus s’estompent les premiers. Alors que l’oreille humaine perçoit théoriquement des sons compris entre 20 et 20 000 hertz (Hz), au-delà de 50 ans il devient plus exceptionnel de capter des fréquences au-delà de 12 000 Hz.

 

Prévenir pour bien vieillir

Les conséquences pour les malentendants sont majeures. Elles peuvent non seulement être d’ordre physique : maux de tête, tensions musculaires, stress, voire hypertension artérielle mais aussi d’ordre psychologiques et sociales. La perte d’audition est non seulement une gêne provoquant un isolement social, une privation de plaisirs qui favorisent la dépression, mais entraîne aussi, comme le confirment les études récentes* une accélération du déclin des fonctions intellectuelles (mémoire, attention, faculté de calcul ou d’expression). Plus la perte auditive est importante, plus le déficit cognitif est grand. Les chercheurs de l’Inserm* ont a contrario démontré que l’utilisation d’appareils auditifs évite le déclin cognitif majoré constaté chez les malentendants âgés non équipés. Et plus tôt on s’équipe, plus l’adaptation à l’appareillage est facile et le bénéfice pour l’audition important. Reconnaître les symptômes d’une perte d’audition et se faire dépister est donc primordial pour bien vieillir.

 

Repérer les symptômes

La perte d’audition s’installe petit à petit… et ce sont le plus souvent de petits signes qui font que l’on ne s’en rend pas compte. Bien souvent c’est l’entourage, par ses remarques qui donne l’alerte. Son rôle est essentiel.

Les signes à considérer :

  • Avoir l’impression répétée que les gens articulent mal ou que les sons sont confus ;
  • Ressentir des difficultés à suivre une conversation à plusieurs ou dans un environnement bruyant ;
  • Faire répéter son interlocuteur ;
  • S’entendre dire que le son de la télévision ou de la radio est trop fort ;
  • Ne pas entendre la sonnerie du téléphone ou entendre son interlocuteur avec difficulté ;
  • Ne pas supporter le bruit ;
  • Parler trop fort dans un milieu sans nuisances sonores (salle de consultation, bibliothèque…) ;
  • Éprouver des difficultés à localiser les sons…

Ne minimisez pas votre gêne, restez vigilant… et consultez un médecin généraliste, ORL ou faites un test d’audition auprès d’un audioprothésiste !

Si vous éprouvez plusieurs de ces symptômes, il est important de consulter un professionnel de santé : médecin généraliste ou médecin ORL qui pourra vous établir une prescription indispensable à la délivrance d’un appareil auditif par l’audioprothésiste, qui lui-même peut indépendamment de toute ordonnance, procéder à un test auditif précis.

Sachez également que plus le problème auditif est dépisté tôt et la personne équipée d’une aide auditive rapidement, meilleurs sont les résultats tant en termes de facilité d’adaptation et de confort que d’audition ou de maintien des capacités cognitives. Une étude constate que 80 % des personnes appareillées d’audioprothèses à 60 ans les portent en permanence contre seulement 14 % des personnes nouvellement appareillées à 80 ans.

 

 

*Bibliographie :
– Drees, Etudes et recherche n°131 – Août 2014 – Etudes quantitative sur le handicap auditif à partir de l’enquête nationale Handicap-Santé

– Inserm U 897 de Bordeaux. Amieva H et al. Brain 6 Self-reported hearing loss, hearing aids , and cognitive decline in eldery aduts : A 25 year study (oct 2015)

– Baltimore longitudinal study of aging. Neuropsychologie, Lin Frank et al. Novembre 2011

– Hearing Loss and Icident Demntia. Archives of Neurology. Lin Frank et al. 2011

– InVS – Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), « Personnes sourdes ou malentendantes : un handicap méconnu, une population vulnérable ». Décembre 2015

 


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